Artisanat d'art & designTissu et cuirs

Dentellier / Dentellière à la main

Le métier en un clin d'œil

A partir d’un motif dessiné, le dentellier ou la dentellière réalise des tissus ajourés, par le biais de fils entrecroisés, manuellement ou mécaniquement. Il ou elle utilise des fils de coton, de lin, de soie ou de nylon. Il existe deux types de dentelle à la main : la dentelle à l’aiguille et la dentelle aux fuseaux. La dentelle réalisée à la machine est également appelée dentelle Leavers, on parle alors aussi de métier de tulliste.

Ce qu’il faut aimer

Patience et précision

La réalisation d’une dentelle à la main demande des dizaines d’heures de travail, surtout pour des grandes pièces et selon la complexité du motif. Il faut être patient, et faire preuve de précision pour entrecroiser correctement les fils et ne pas faire d’erreur dans la réalisation du motif.

Développer un œil esthétique

La réalisation de dentelle demande d’avoir un sens esthétique. Un esprit créatif permet également de créer des nouveaux motifs, ou d’adapter la dentelle à d’autres supports notamment pour réaliser des œuvres qui peuvent être exposées dans des galeries.

Habileté manuelle

Il faut une grande dextérité pour manipuler les fuseaux. Il faut également avoir une bonne connaissance des différents fils pour sélectionner les plus adaptés à l’ouvrage demandé.

Ce que tu fais au quotidien

Dessiner le motif

Toute dentelle commence d’abord par un dessin technique pour représenter le motif sur papier. Le motif peut-être une reprise d’un dessin traditionnel ou une création propre du dentellier. Il peut être réalisé à la main, à l’encre ou au crayon puis reporté par piquage sur un papier ou sur un calque. Le dessin peut aussi être réalisé par ordinateur et imprimé. Pour la dentelle aux fuseaux, le dessin doit aussi indiquer les points à utiliser et l’emplacement des épingles.

Entrecroiser les fils

En fonction du type de dentelle à la main, les techniques de réalisation sont différentes :

*La dentelle à l’aiguille* : le support perforé sur lequel a été reproduit le dessin sert d’appui jusqu’à la fin. Avec deux aiguilles, la dentellière réalise en premier une série de points à cheval piqués dans les perforations, c’est-à-dire que le fil passe d’un côté à l’autre du motif, comme des ponts. Ces points ne seront pas visibles sur la dentelle finale, mais ils permettent de structurer le motif et seront ensuite coupés pour désolidariser la dentelle du dessin. Une fois cette armature réalisée, la dentelle se monte maille par maille selon différents points. Si les mailles sont très serrées, cela créera des zones pleines, c’est ce qu’on appellent les remplis. Les motifs décoratifs, comme les rosaces ou les étoiles sont réalisés avec des points fantaisies, comme le point de neige.

*La dentelle aux fuseaux* : la réalisation de cette dentelle nécessite un métier (le support), des fuseaux (de nombre variable en fonction du motif à réaliser) et des épingles. Le métier a d’autres noms en fonction des régions : carreau, coussin, tambour.... Les fuseaux sont de petites pièces de bois, sur lesquelles le fil est enroulé. La dentellière doit donc d’abord préparer chaque fuseau selon le nombre et le type de fils utilisés (un fil épais nécessite un fuseau plus grand et plus lourd). Le dessin est appliqué sur un carton, qui est ensuite posé sur un métier. Le carton est perforé avec un piquoir en suivant tout le dessin, pour le reconstituer uniquement par des trous sur le cartons. Chaque trou correspondra à une épingle servant à maintenir l’ouvrage au fur et à mesure de sa réalisation. Le papier ou le calque est retiré, et la dentellière repasse à l’encre sur le carton en suivant les perforations. Il s’agit ensuite d’entrecroisés les fils des différents fuseaux. Ceux-ci sont placés devant soi, et sont manipulés par paire, en tournant et croisant. Les points de croisements sont maintenus par des épingles. Les mouvements des fuseaux permettent de créer différents points, et plus le nombre de fuseaux est important, plus la complexité de l’ouvrage est élevée.

Choisir les fils

En fonction de la pièce à réaliser, le dentellier doit choisir et préparer les fils qui seront utilisés. La dentelle est traditionnellement blanche, mais d’autres couleurs peuvent être associée pour des créations contemporaines. Le noir apporte un aspect élégant, et la dentelle de Chantilly utilise principalement des fils de soie noire. Le type de fils est également important : la soie donne un côté brillant à la dentelle, tandis sur le lin ou le nylon sont plus résistants. Il est aussi possible d’ajouter des fils métallique (doré, argenté, …), notamment pour des pièces destinées au spectacle.

Faire les finitions

Pour la dentelle à l’aiguille, la dentellière coupe les fils des points à cheval avec un rasoir et une petite pince, c’est le levage ou éboutage. Si l’ouvrage était en plusieurs parties, les différents éléments sont assemblés, c’est l’aponçage. Si certaines parties ont été abîmées pendant la réalisation, elles peuvent être raccommodées.

Pour les deux types de dentelle, l’ouvrage final peut être lavé, et si besoin amidonné pour rendre la dentelle plus rigide.

Pourquoi ce métier ?

Environnement de travail

La dentellière à la main travaille principalement en atelier, seule ou en petite équipe. Tout au long de l’année, des rassemblement de dentellières, professionnelles ou amatrices, sont organisés par des associations ou des communes. On appelle ces réunions des couviges. Il peut être intéressant pour une professionnelle d’y participer pour faire des démonstrations, échanger avec d’autres professionnels, ou simplement acheter du matériel.

Opportunités

La dentelle à la main a été concurrencée par la dentelle mécanique, puis elle a été délaissée par le secteur de la mode. L’activité a été relancée dans les années 1970 avec la création des Ateliers nationaux du Puy-en-Velay et du Point d’Alençon. La dentelle à la main s’est développée dans le secteur associatif, avec plus de 450 clubs. Cependant la dentelle à la main reste une activité de niche, principalement pour la Haute-Couture avec des pièces uniques, pour des robes de mariées de haute facture, ou la réalisation de pièces artistiques.

Statuts

Les dentelliers peuvent être artisans ou artistes, dans une entreprise individuelle, ou rejoindre l’Atelier du Puy-en-Velay en tant que fonctionnaire (il faut cependant que des places soit ouvertes au concours de la fonction publique comme technicien d’art). Plusieurs dentellières professionnelles sont également enseignantes dans les associations de dentelles.

Bon à savoir

La dentelle au fuseau du Puy-en-Velay et le savoir-faire de la dentelle au point d’Alençon sont inscrit à l’inventaire français du patrimoine culturel immatériel.

Brodeur / brodeuse

Couturier / couturière

Tisserand / tisserande

Tresseur / tresseuse

Tulliste