L’artisan feutrier ou l’artisane feutrière crée du feutre, un textile non tissé. À partir de laine, il ou elle conduit les fibres de laine à s’amalgamer, en la répartissant, l’humidifiant et la savonnant manuellement. Ce lent processus lui permet de faire naître une matière solide, dense ou légère, tout en dirigeant sa forme, à plat ou directement en volume.
Le feutrier doit savoir feutrer la laine de différentes manières : à l’aiguille pour les petites formes, ou à l’eau pour les grandes pièces. Il apprend à doser les gestes, la chaleur, l’humidité ou la pression pour bien faire accrocher les fibres entre elles. Une bonne connaissance des laines et de leur comportement est indispensable.
Feutrer la laine demande du temps, de l’attention et de la précision. Une erreur dans la pression ou l’ordre des gestes peut rendre le feutre inutilisable. Le feutrier travaille souvent lentement, étape par étape, en surveillant chaque détail.
Le feutrier est aussi un créateur. Il invente des formes, choisit des couleurs, imagine des objets décoratifs ou fonctionnels. Il sait marier les matières, jouer avec les textures, créer des contrastes. Ce sens artistique lui permet de proposer des pièces uniques ou de répondre à des demandes personnalisées.
L’artisan feutrier utilise de la laine naturelle, souvent de mouton, sous forme cardée. Carder la laine signifie aligner les fibres dans le sens de la longueur, cette action peut être comparée au brossage des cheveux. Le feutrier choisit sa laine selon la technique utilisée, le rendu souhaité ou l’effet recherché : finesse, douceur, légèreté… Certaines variétés (mérinos, alpaga, shetland…) donnent des textures spécifiques.
Le feutrier peut jouer avec les couleurs grâce à la teinture. Souvent les couleurs sont des teintures naturelles, obtenues à partir de plantes, fleurs, racines..
Une fois le feutre obtenu, le feutrier le transforme. Il réalise des chapeaux, bottes, bijoux, sacs, tapis, décorations ou pièces d’art textile. Il peut ajouter des détails, des motifs, intégrer d’autres matières (soie, lin…). Il crée parfois à la commande, avec un design unique, ou développe ses propres collections.
Le feutrage est un processus naturel : avec la chaleur, l’humidité ou la pression, les fibres de laine s’accrochent entre elles. Le feutrier utilise deux méthodes. À sec, il pique la laine avec une aiguille crantée pour créer des formes en volume. À l’eau, il frotte la laine avec du savon et de l’eau chaude pour créer une surface plate ou modelée. Cette technique permet de faire des objets solides, sans couture, comme des sacs ou des vêtements.
L’artisan feutrier travaille le plus souvent dans un atelier personnel ou partagé, équipé d’un plan de travail, d’un point d’eau et de rangements pour la laine. Il peut aussi intervenir dans des lieux publics (écoles, médiathèques, salons) pour animer des ateliers ou des démonstrations. C’est un métier souvent rural ou en lien avec des réseaux artisanaux.
Le feutrier peut se spécialiser dans l’art textile, la mode, la décoration ou le design d’objet. Il peut vendre en ligne, en boutique, sur les marchés de créateurs ou dans des salons.
La majorité des feutriers exercent en tant qu’artisans d’art indépendants, parfois sous le statut d’auto-entrepreneur. Certains peuvent être salariés dans des structures culturelles, des coopératives ou des ateliers mutualisés. Quelques-uns travaillent aussi sous statut d’artiste-auteur, notamment s’ils produisent des pièces uniques ou exposent.
Le métier de feutrier reste rare mais attire de plus en plus de personnes en reconversion. Il nécessite souvent des revenus complémentaires (vente d’objets, stages, interventions scolaires...). L’activité est parfois saisonnière (périodes de fêtes, festivals…). La valorisation des laines locales, écologiques ou issues du recyclage est en forte croissance.