Spécialiste du verre chaud, le verrier ou la verrière à la main met en forme la matière en fusion (cristal, cristallin ou verre ordinaire). Il ou elle utilise différentes techniques (cueillage, soufflage, pressage, etc.). Il ou elle s’aide de différents outils (ferret, cannes, mailloches, moules, etc.) pour réaliser ses créations.

Le verrier à la main doit exécuter des gestes rapides et sûrs. En effet, le verre en fusion se fige en moins de deux minutes. Aussi doit-il être très vigilant aux gestes qu’il pose, sous peine de devoir recommencer son travail de zéro.
Pour magnifier le verre ou le cristal, le verrier à la main a le sens des formes, des couleurs et des volumes. Il détermine ainsi l’élégance des lignes, les jeux de transparence, les effets, etc. qu’il veut donner au verre travaillé. Il faut entre 5 et 15 ans pour acquérir la maîtrise totale du geste, et avoir l’œil.
La manipulation de la matière en fusion implique de pouvoir supporter une exposition permanente à la chaleur. Le verrier à la main travaille beaucoup debout. Il doit sans cesse être en mouvement pour faire tourner sa canne ou son pontil. Le verrier à la main peut porter un équipement de protection (gants, lunettes), mais ne le fait pas systématiquement, ayant besoin de sentir et d’éprouver physiquement la matière pour lui donner forme.
Le verrier à la main travaille le verre à chaud pour créer des sculptures, des objets de table, de décoration, d’éclairage ou de flaconnage. Selon son expérience, et le type d’entreprise dans lequel il travaille, le verrier à la main peut occuper un poste correspondant à l'une des différentes étapes de la fabrication d’un objet en verre.
Le pressage est une technique également utilisée par le verrier à la main. Dans ce cas, il utilise un ferret (tige métallique réfractaire) pour le cueillage de la quantité de verre utile au remplissage de la partie supérieure d’un moule (la nourrice). Puis, à l’aide d’une presse à main ou automatisée, le verre est pressé dans le moule pour lui donner la forme voulue. Le verrier à la main réalise ainsi des objets en verre plein ou des contenants. Il peut, suivant des principes similaires, réaliser des pièces par centrifugation, ou par injection. Ces procédés se trouvent davantage dans les petites et grandes industries verrières.
À froid, le verre est ensuite poli pour ôter les imperfections de la surface et lui donner une belle transparence. Il peut, selon les cas, passer entre les mains d’autres professionnels du verre, notamment des verriers décorateurs, qui se chargeront de l’embellissement (gravure, peinture, etc.).
*Le cueillage du verre*
La première étape de travail est le cueillage. Le cueilleur (spécialité de verrier à la main) prélève dans le four une boule de verre en fusion, à l’extrémité d’un long tube creux en acier, la canne. Cette boule de verre en fusion s’appelle la paraison.
*Le maillochage*
Le verrier à la main ne doit pas cesser de faire tourner entre ses mains sa canne pour éviter que le verre ne coule. Il roule la paraison sur une plaque de métal plane et froide (le marbre) afin de centrer le verre, de diminuer son épaisseur, et de refroidir un peu sa surface. Tournant toujours la canne, le verrier à la main procède ensuite au maillochage. Cette opération consiste à bien répartir l’épaisseur du verre en le faisant rouler dans une forme creuse en bois, la mailloche, avant de commencer à la souffler.
*Le soufflage*
En soufflant de l’air à la bouche dans une canne, le souffleur à la canne (autre spécialité de verrier à la main) introduit de l’air dans la masse de verre afin d’obtenir une forme creuse. En donnant à sa canne une position horizontale, oblique ou verticale, il modèle la forme comme il l’entend : sphérique, ovale, cylindrique. En exerçant un mouvement de pendule ou en la faisant tourner rapidement, il utilise la force centrifuge pour obtenir différentes formes. On parle ici de soufflage à main levée. Le souffleur à la canne peut aussi insérer la paraison dans un moule (en bois, en métal ou en graphite), afin de produire des pièces en série.
*La mise en forme finale*
Le verrier à la main sépare le verre de la canne avec des ciseaux à anse, et assemble le fond sur une tige d’acier (l’empontillage). Il donne sa forme définitive à la matière en la travaillant au pontil : allongement du verre, fermeture du col, pose de anses, etc. Il utilise, par exemple, des fers, des pinces ou des ciseaux. La pièce terminée est détachée du pontil. Elle subit une recuisson dans le four pour éviter qu’elle ne refroidisse trop brutalement et n’éclate.
Le verrier à la main peut se spécialiser dans la réalisation et la pose des pieds et des jambes des verres à pied. Dans ce cas, on parle de la spécialité de poseur/faiseur de pieds ou de jambes. Elle est surtout présente dans les manufactures et dans les grandes cristalleries. L’artisan verse dans une presse une masse de verre en fusion qui vient d’être « cueillée » afin de former la tige. Celle-ci est ensuite assemblée à la partie supérieure du verre. Cette opération est particulièrement délicate, car le verre doit être suffisamment chaud et mou pour pouvoir être fixé. Ensuite, il faut être deux pour réaliser le pied. Un artisan maintient la structure du verre, tandis que l’autre appose tout juste la bonne quantité de verre pour fabriquer le pied. La matière est maillochée jusqu’à l’obtention d’un pied de la dimension nécessaire.
L’activité du verrier à la main s’exerce en atelier, rarement seul. Il est le plus souvent aidé d’un ou de plusieurs professionnels, ou au sein d’une équipe structurée dans des verreries artisanales ou des cristalleries. Il travaille au contact de la chaleur de façon permanente, à proximité des fours. En effet, la température de fusion du verre avoisine les 1300 °C.
La cristallerie à la main est une spécialité française qui rayonne par la renommée de grands noms de la profession. Les grandes cristalleries se caractérisent par un haut niveau de création. Elles emploient une main d’œuvre très spécialisée. Une grande part de leur activité est réalisée à l’international. Certaines entreprises se sont spécialisées dans la bijouterie, les objets de décoration (luminaire, parfumerie) et le flaconnage. La France est d’ailleurs le leader mondial de production de flacons de parfum.
Le verrier à la main peut être un artiste, un artisan à son compte ou un salarié de petite, moyenne ou grande entreprise. La plupart des verriers à la main qui commencent dans le métier sont salariés, soit dans les cristalleries de renom de l’est de la France (Lalique, Saint-Louis, Baccarat, Daum, etc.) ou dans la verrerie industrielle de Haute-Normandie et de Picardie (dans la Glass vallée, notamment), du Nord ou de Rhône-Alpes. Le nombre de postes à pourvoir dans les cristalleries est faible (pas plus d’une dizaine par an).
Si la verrerie industrielle est concentrée géographiquement dans quatre secteurs (Nord-pas-de-Calais, Haute-Normandie, Picardie et Rhône-Alpes), les verreries de type familial et les ateliers d’artistes verriers indépendants sont répartis sur l’ensemble du territoire français, en particulier dans les zones touristiques.
Souffleur / Souffleuse de verre
Verrier décorateur / Verrière décoratrice
Verrier fondeur / Verrière fondeuse
Bombeur
Maître verrier / Vitrailliste
Polisseur de verre / Polisseuse de verre
Préparateur presse-papier / Préparatrice presse-papier
Restaurateur / restauratrice de vitraux
Tailleur de verre / Tailleuse de verre
Verrier au chalumeau / Verrière au chalumeau