Le plus souvent, l’enlumineur ou l’enlumineuse, parfois appelée aussi enlumineresse, orne des parchemins ou des papiers d’art. Son métier consiste à mettre en lumière un texte calligraphié par des lettres ornées, des décorations marginales ou des scènes illustrées appelées miniatures, rehaussées de feuilles ou de peintures d’or ou d’argent. Les peintures sont préparées à partir de pigments naturels, et sont appliquées au pinceau ou à la plume.

Cet art graphique nécessite de maîtriser différentes techniques telles que le dessin au crayon graphite ou à la pointe d’argent, la calligraphie latine, la dorure, la mise en peinture appliquée au pinceau ou à la plume. Le tracé d’une enluminure demande un certain niveau de dessin, pour pouvoir réaliser à la fois des motifs abstraits (des arabesques, …), des motifs végétaux, des animaux ou des personnages, des paysages ou des éléments d’architecture. Il s’agit aussi de développer son esprit créatif, et de savoir élaborer une composition selon une géométrie précise en lui associant des couleurs harmonieuses.
L’enluminure a une histoire très riche, avec des styles qui se sont développées en fonction des époques et des zones géographiques (les enluminures irlandaises, les enluminures romanes, mais aussi byzantines, les miniatures persanes, indiennes ou arabes). L’enlumineur doit connaître les différents styles et savoir les reproduire. Il doit également connaître l’iconographie (les bestiaires médiévaux, les allégories, etc.) et les différentes symboliques d’un motif (exemple : l’arbre de vie qui représente la sagesse)
Une enluminure pouvant demander jusqu’à plus de cent heures, et pour les plus complexes jusqu’à mille heures, il faut faire preuve d’une grande patience ainsi que de précision dans le tracé et l’application de la feuille d’or et des couleurs.
En fonction de la destination de l’œuvre (religieuse, artistique, illustratrice), l’enlumineur commence par décider du motif à tracer : son style, sa taille, si il s’agit d’une illustration pleine page, de l’ornementation d’une lettre ou des marges, donnant à chacun de ses choix une portée symbolique. Il définit également les parties qui seront colorées et celles qui seront dorées. Il peut s’agir d’une création ou d’une reproduction d’une enluminure ancienne. Le dessin peut être préalable tracé sur un papier puis décalqué, ou bien il sera reproduit à main levée sur le support définitif.
Si le dessin requière de la feuille d’or, l’enlumineur commence par préparer le gesso, une sorte d’enduit qui permettra d’accrocher la feuille d’or. Le gesso est un mélange de plâtre, de sucre, de colle de poisson et de blanc de Meudon ; du bol d’Arménie (une argile rouge) peut être rajouté pour le teinter et accentuer le brillant de l’or. Le gesso est appliqué par fines couches ou en relief sur les endroits prévus au préalable. Il est ensuite poncé pour que la surface soit lisse et brillante. La feuille d’or est ensuite apposée sur le gesso avec un pinceau, puis après séchage le surplus d’or est délicatement enlevé à l’aide d’un pinceau ou de la pointe d’une plume. Pour renforcer encore l’éclat, la feuille d’or peut être brunie avec un brunissoir : une pierre dure, l’agate, montée sur un manche. Elle peut aussi être simplement appliquée sur un mordant (collé à base de gomme ammoniaque, blanc d’œuf battu ou mixtion à l’eau).
L’enlumineur intervient principalement sur du parchemin, le support historique de l’enluminure. Dans le cas d’une enluminure sur papier, il faudra parfois réaliser une enduction à la colle de peau (une colle naturelle d’origine animale, souvent de lapin). L’enduction est le fait d’enduire une fine couche de matière sur une surface. Le parchemin peut être granuleux, l’enlumineur va donc le poncer délicatement pour rendre la surface bien régulière, sans aspérités. Il peut également appliquer une enduction au blanc de Meudon (composé principalement de carbonate de calcium) pour unifier la couleur du parchemin.
Puis, il dessine à la mine de plomb ou à la pointe d’argent le motif sur le support préparé. Avec une plume ou un calame - un instrument d’écriture fabriqué à partir d’un roseau, dont la pointe a été biseautée - il rehausse ensuite ce tracé à l’encre noire ou brune.
Les couleurs utilisées en enluminure sont généralement lumineuses. Elles peuvent être issues de pigments en poudre, qui sont soit achetés tels quels par l’enlumineur, soit préparés par ses soins. Les pigments peuvent être d’origine végétale (comme l’indigo ou le jaune safran), animale (notamment pour les rouges comme la pourpre et la cochenille), minérale (comme le lapis-lazuli – une pierre qui donne des tons bleus), ou encore des terres et des oxydes métalliques, ou même artificielle (comme le bleu égyptien dont la fabrication est issue d’un procédé chimique). Les pigments sont broyés sur une plaquette de porphyre (une pierre très dure) jusqu’à obtenir une poudre très fine avant d’être mélangés à un liant naturel, comme de la gomme arabique, de l’œuf ou de la colle de poisson. Ce liant permettra à la couleur d’adhérer au support. Les couleurs sont appliquées au pinceau par couches fines, avec un temps de séchage entre chaque passage. L’enlumineur évite de mélanger certaines couleurs pour ne pas créer de réactions chimiques. La technicité de l’enluminure est de créer des nuances d’une grande variété, de jouer sur les transparences, les dégradés et les rehauts de lumière.
Les enlumineurs ont souvent le statut d’artiste-auteur ou d’artisan. Ils exercent généralement en atelier, en entreprise individuelle.
L’enluminure est généralement associée aux manuscrits du Moyen-Âge, mais les enlumineurs d’aujourd’hui créent aussi des motifs modernes, pour différents domaines : le marché de l’art contemporain avec des œuvres originales, ou sur commande (pour des événements particuliers, des affiches, des cartes de vœux, des menus de restaurants, des diplômes, etc.), ou la publicité. Ils peuvent aussi reproduire des enluminures anciennes pour des fac-similés pour les musées, pour le cinéma ou pour des particuliers. La clientèle, principalement française, peut trouver une part à l’internationale avec les pays frontaliers comme la Suisse ou la Belgique.
Il n’existe aucune formation diplômante au métier d’enlumineur. Le seul organisme de formation européens, était situé à Angers mais a récemment fermé. La formation se fait donc pour l’instant au sein de l’atelier d’un enlumineur.
Calligraphe
Parcheminier / parcheminière
Doreur / Doreuse
Imagier / Imagière au pochoir
Imprimeur / imprimeuse
Relieur/ relieuse