Le tisserand ou la tisserande à bras crée des tissus par entrecroisement de fils de chaîne et de trame sur un métier à tisser actionné à la main, appelé métier à bras. Il s’agit d’une spécialité du métier de tisserand.

La préparation d’un métier à tisser à bras peut nécessiter plusieurs jours de travail pour obtenir seulement quelques mètres de tissu. Le tisserand doit donc faire preuve d’une grande rigueur et d’une concentration constante tout au long du processus.
Le tisserand manipule des centaines de fils fins et fragiles. Il doit maîtriser le fonctionnement du métier, régler avec précision la tension de la chaîne et intervenir rapidement en cas de fil cassé pour poursuivre son ouvrage. Chaque geste requiert doigté et délicatesse.
Chaque fibre réagit différemment et selon le projet et le résultat souhaité, le tisserand doit choisir parmi de nombreux textiles. La laine ne se tisse pas comme la soie, et le lin réagit différemment par rapport au coton. La maîtrise des propriétés des fibres et la capacité à anticiper leur rendu final sont au cœur de son savoir-faire.
Le travail du tisserand commence bien avant d’installer les fils sur le métier. Il doit tout d’abord sélectionner les matières premières - laine, coton, soie, lin, chanvre ou encore fibres synthétiques - en fonction de leurs propriétés de souplesse, de brillance, de résistance ou encore de chaleur. Le choix des matériaux influence directement le rendu final de la pièce tissée. Le tisserand définit ensuite l’armure, c’est-à-dire la méthode d’entrecroisement des fils de chaîne et des fils de trame. que ce soit pour une toile simple, de sergés, de satin ou une armure plus complexe. Il imagine le motif ou le dessin qui guidera l’ensemble du travail.
Le tisserand actionne lui-même chaque mouvement.
Il appuie sur une pédale (appelée marche) qui soulève certains fils de chaîne grâce aux lisses, puis lance la navette dans l’ouverture créée (appelée la foule). Ensuite, il ramène le peigne vers lui pour tasser le fil de trame, puis il change de pédale et recommence le geste.
Ce va-et-vient répété des centaines de fois fait avancer le tissu, centimètre après centimètre. Aucun mécanisme n’assiste le travail : chaque irrégularité, chaque variation de tension reflète le coup de main du tisserand à bras.
Cette étape est une étape longue et minutieuse mais qui est extrêmement importante pour la qualité future du rendu final.
Le tisserand calcule le nombre et la longueur des fils nécessaires. Ces fils sont enroulés sur un cylindre (ensouple arrière), puis passés un à un dans les lisses et le peigne du métier.
Les fils sont ensuite mis en tension entre les deux ensouples du métier. La tension doit être parfaitement régulière pour garantir un tissu lisse et homogène.
Les navettes, pièces fuselées en bois qui portent les bobines de trame, sont préparées avec les fils choisis. Selon le projet, plusieurs navettes peuvent être utilisées pour varier les couleurs et les effets.
Lorsque le tissage est terminé, le tisserand détache l’étoffe du métier. Il réalise ensuite les finitions nécessaires : couper le tissu, sécuriser les bords, ourler ou renforcer les extrémités. Certaines pièces demandent des soins particuliers comme le lavage, le foulonnage (pour assouplir et resserrer la matière) ou un apprêt destiné à donner plus de tenue au tissu.
Le tisserand à bras exerce principalement dans un atelier, souvent installé à domicile ou dans une petite structure. L’espace doit être calme, lumineux et équipé de métiers à tisser, d’outils de préparation comme les ourdissoirs, les cannettes, les peignes ou les lisses, ainsi que d’un espace de stockage pour les fils.
Le métier de tisserand reste rare et fragile. En France, on compte une soixantaine de professionnels, installés le plus souvent dans des régions marquées par une tradition textile comme la Bretagne, l’Alsace, le Nord ou la région Rhône-Alpes. La production est lente et les débouchés parfois incertains, face à la concurrence des tissus industriels.
La plupart des tisserands exercent comme artisans indépendants inscrits au Répertoire des métiers.
Certains tisserands collaborent avec des créateurs de mode ou des décorateurs dans les domaines de la haute couture et du design.